Responsable: >Nada Shabout & Olga Nefedova

AI20 - Art and the Environment in Iraqi Art 1/2

Date : 2022-09-23 | 08:45:00-10:45:00

Évènement : @INSANIYYAT - Congrès de l’IAMES

Programme détaillé : cliquer ci-contre
Catégorie :
A.I
Lieu :
ESCT
Salle :
D12
Responsable : Nada Shabout & Olga Nefedova
Modérateur·trice :
Discutant·e :
Les intervenant·e·s :
Floyd Tiffany University of North Texas
Johnson Sarah Dutch National Museum of World Cultures
Rauh Elizabeth American University in Cairo

 Sponsored by International Association of Middle East Studies (IAMES)

Art and the Environment in Iraqi Art 1/2 

Partaking in nation-state building in early twentieth-century Iraq, artists continually encountered, addressed and negotiated shifts and formulations in the country’s diverse landscapes. The corpus of environmental intervention in Iraqi art covers extensive grounds that include early landscape oil paintings of the watery Tigris and Euphrates river ways, boats and eco-architecture like mudhif houses; “Oil Modernism” and artist responses to the industrialization of the country’s natural environments during the post-1945 world war era, artists engagement with the politicization of public space, artist responses to and documentation of Saddam’s destruction of the southern marshlands (along with the destruction and pollution of the border lands and Persian Gulf shorelines during the 1980s Iran-Iraq War) and contemporary Iraqi art projects addressing the climate. This double panel offers some of the methods by which artists have been shaped by and, in turn, shaped their work in direct relation to human alterations of Iraq’s environments.

Art et environnement dans l’art irakien, partie 1

Participant à la construction de l’État-nation depuis le début du XXe siècle en Irak, les artistes ont continuellement rencontré, introduit et proposé des changements et des reformulations dans les divers paysages du pays. Le corpus des interactions de l’art irakien avec l’environnement couvre de vastes domaines, incluant aussi bien les premières peintures à l’huile représentant les voies fluviales du Tigre et de l’Euphrate et les bateaux que les réalisations d’éco-architecture à l’exemple des maisons mudhif ; mais aussi le mouvement « Oil Modernism » et les réponses des artistes à l’industrialisation des environnements naturels du pays dans l’après-1945  ; ou encore l’engagement des artistes dans la politisation de l’espace public, les réactions des artistes et le travail de documentation des destructions faites sur l’ordre de Saddam Husein dans les marais du sud (ainsi que la destruction et la pollution des terres frontalières et des rives du golfe Persique pendant la guerre Iran-Irak des années 1980), jusqu’au projets d’art contemporain irakien traitant du climat. Ce double panel offre un panorama de quelques-unes des méthodes au travers desquelles les artistes ont été façonnés par les altérations humaines faites sur l’environnement irakien, qui ont en retour directement façonné leur travail.

الفن والبيئة في الفنّ العراقي: 

أثناء المشاركة في بناء الدولة القومية في العراق في أوائل القرن العشرين، واجه الفنانون استمرار التحوّلات والتركيبات في المناظر الطبيعية المتنوعة بالبلاد، وعالجوها وتفاوضوا فيها. وإنّ التدخلات البيئية في الفن العراقي تغطّي مجموعة مساحات شاسعة تشمل لوحات زيتية  فيها مناظر طبيعية مبتكرة لطرق نهري دجلة والفرات ، والقوارب ، والهندسة المعمارية البيئية مثل المنازل ب”المضيف ”  و"حداثة النفط" واستجابات الفنانين لتصنيع البيئات الطبيعية للبلاد في ما بعد الحرب العالمية  1945و مشاركة الفنانين في تسييس الفضاء العام؛ ردود الفنانين على تدمير صدام للأهوار الجنوبية وتوثيقها (إلى جانب تلوث الأراضي الحدودية وشواطئ الخليج الفارسي خلال الحرب الإيرانية العراقية في الثمانينيات) ؛ ومشاريع فنية عراقية معاصرة تتناول المناخ.
ومن ثم من خلالها يقدم المشاركون في هذه الجلسة بقسميها عددًا قليلاً من الأساليب التي تم بها  تشكيل الفنانين  أعمالهم المتعلّقة  بالتغييرات البشرية في بيئات العراق

  • Tiffany Floyd, Columbia University, (Canada), Floating on Oil and Antiquities: Al Amiloon Fil Naft and Iraqi Cultural Modernism
Flottant sur le pétrole et les antiquités : Al Amiloon Fil Naft et le modernisme culturel irakien

L’Iraq Petroleum Company (IPC) a joué un rôle paradoxalement controversé et constructif dans le développement et la diffusion de l’art moderne et de la culture visuelle irakienne au cours du XXe siècle. Au cours des années 1950 et 1960, l’IPC a parrainé une vaste plate-forme de relations publiques qui a non seulement fait avancer les programmes de l’entreprise mais a également ouvert des espaces aux artistes, écrivains et penseurs irakiens pour y confronter leurs propres idéologies culturelles. Dans ses campagnes publicitaires, l’IPC a souvent lié pétrole, antiquité et modernité dans des récits de progrès socioculturels pour promouvoir sa marque. Cet article explore la façon dont les rédacteurs de la revue Al Amiloon Fil Naft de l’IPC, basés à Bagdad, ont reformulé cette vision de l’histoire ancienne et moderne de l’Irak pour s’adapter aux tendances culturelles constituées localement, faisant d’Al Amiloon Fil Naft un journal culturel qui a diffusé une vision nationaliste du modernisme irakien.

  • Sarah Johnson, Dutch National Museum of World Cultures, (Netherland), Battle ground: Environmental determinism and the politics of painting the Iraqi landscape
Champ de bataille : déterminisme environnemental et politique de la peinture de paysage irakien

À partir de la fin des années 1940, des artistes irakiens ont commencé à formuler des critiques de l’impressionnisme dans le mouvement artistique euro-américain, affirmant que la façon dont ce mouvement prenait en compte l’environnement n’était pas adaptée au paysage irakien. En lien avec cet argument se trouvait l’idée que les Irakiens ne pouvaient pas peindre des paysages selon le style européen, du fait même que leur environnement était différent de celui de l'Europe. Dans le même temps, les peintures du paysage irakien réalisées par des artistes européens au début XXe siècle avaient renforcé l’idée que le paysage irakien était effectivement différent du paysage européen en raison de son soleil éclatant et de son désert vide, selon des conceptions familières du discours orientaliste du XIXe siècle. Cette présentation retracera la manière dont les représentations de l’Irak par les peintres européens, l’assignant à une forme d’altérité, ont finalement contribué à la recherche par les peintres irakiens d’une forme de peinture de paysage distincte de la peinture européenne dans les années 1940.

  • Elizabeth Rauh, The American University in Cairo, Egypte, Wet Pressure Points: The Southern al-Ahwar as Fluid Site, Substance and Process in Contemporary Iraqi Printmaking
Points de pression humides : le sud d’al-Ahwar en tant que site, substance et processus fluides dans la gravure irakienne contemporaine

Les usages des technologies de l’image dans l’Irak du XXe siècle se sont développées en parallèle avec les changements environnementaux des marais d’al-Ahwar. Les premières techniques photographiques et d’impression, d’abord importées dans la région par ses communautés plurielles, ont documenté les efforts de modernisation du pays, tels que la construction de ponts sur les rivières. Les relevés photographiques se sont concentrés en particulier sur les voies navigables et les technologies de gestion des zones humides, y compris les bateaux fluviaux, les structures en roseau écoarchitecturales et l’artisanat des communautés locales dans des gestes visant à décrire les modes de vie « mésopotamiens » dans un paysage en mutation. Alors que les artistes irakiens exploraient de nouvelles pratiques d’impression, ils se tournaient vers les zones humides du pays en tant que site créatif et substance qui s’épanouissait dans les processus liquides d’impression, tout en créant simultanément de nouvelles images des marais de plus en plus menacés par le drainage pour le développement agricole. Parmi les exemples de réalisation se trouvent des gravures sur bois à l’encre noire composées de goudron et d'autres substances carbonées apparentées au brai utilisé pour enduire et imperméabiliser le fond des canoës des marais. D’autres processus humides, comme l’eau-forte, simulaient l’écosystème des zones humides sur la matrice d’impression, transférant des images par des mouvements de liquide sous pression à travers les points de contact de surface et aboutissant à des œuvres abstraites. L’exploration des engagements des artistes avec les marais irakiens avant leur assèchement punitif en 1991 montre comment la bioproductivité écologique peut s’étendre à la création d’images critiques grâce au rôle formateur que les zones humides ont joué dans le façonnement des arts irakiens contemporains.

الفن والبيئة في الفنّ العراقي: 

أثناء المشاركة في بناء الدولة القومية في العراق في أوائل القرن العشرين، واجه الفنانون استمرار التحوّلات والتركيبات في المناظر الطبيعية المتنوعة بالبلاد، وعالجوها وتفاوضوا فيها. وإنّ التدخلات البيئية في الفن العراقي تغطّي مجموعة مساحات شاسعة تشمل لوحات زيتية  فيها مناظر طبيعية مبتكرة لطرق نهري دجلة والفرات ، والقوارب ، والهندسة المعمارية البيئية مثل المنازل ب”المضيف ”  و"حداثة النفط" واستجابات الفنانين لتصنيع البيئات الطبيعية للبلاد في ما بعد الحرب العالمية  1945و مشاركة الفنانين في تسييس الفضاء العام؛ ردود الفنانين على تدمير صدام للأهوار الجنوبية وتوثيقها (إلى جانب تلوث الأراضي الحدودية وشواطئ الخليج الفارسي خلال الحرب الإيرانية العراقية في الثمانينيات) ؛ ومشاريع فنية عراقية معاصرة تتناول المناخ.
ومن ثم من خلالها يقدم المشاركون في هذه الجلسة بقسميها عددًا قليلاً من الأساليب التي تم بها  تشكيل الفنانين  أعمالهم المتعلّقة  بالتغييرات البشرية في بيئات العراق

  • Tiffany Floyd, Columbia University, (Canada), Floating on Oil and Antiquities: Al Amiloon Fil Naft and Iraqi Cultural Modernism
The Iraq Petroleum Company (IPC) played a paradoxically contentious and constructive role in the development and distribution of Iraqi modern art and visual culture during the twentieth century. During the 1950s and 1960s, the IPC sponsored a wide-ranging public relations platform that not only advanced the company’s agendas but also opened spaces for Iraqi artists, writers and thinkers to articulate their own cultural ideologies. In its publicity campaigns, the IPC often triangulated oil, antiquity and modernity into narratives of sociocultural progress to promote its brand. This paper will explore how the Baghdad-based editors of the IPC’s Al Amiloon Fil Naft reformulated this vision of Iraq’s ancient and modern history to fit within the locally constituted cultural trends, fashioning Al Amiloon Fil Naft into a cultural journal that circulated a nationalist vision of Iraqi modernism.



  • Sarah Johnson, Dutch National Museum of World Cultures, (Netherland), Battle ground: Environmental determinism and the politics of painting the Iraqi landscape

Beginning in the late 1940s, Iraqi artists began writing critiques of the Euro-American art movement impressionism, claiming that the way the movement framed the environment was not suited to the Iraqi landscape. Embedded in this argument was the notion that Iraqis could not paint European-style landscapes because of the fact that their environment was different from that of Europe. At the same time, paintings of the Iraqi landscape by European artists in the early
twentieth century reinforced the idea that the Iraqi landscape was other than the European one because of its bright sun and empty desert, concepts familiar from nineteenth-century Orientalist discourse. This presentation will trace the way European painters’ representations of Iraq as other ultimately contributed to Iraqi painters seeking out a distinctive form of European landscape painting in the 1940s.


  • Elizabeth Rauh, The American University in Cairo, (Egypt), Wet Pressure Points: The Southern al-Ahwar as Fluid Site, Substance and Process in Contemporary Iraqi Printmaking
Uses of image technologies in twentieth-century Iraq developed in tandem with environmental changes to the country’s al-Ahwar marshes. Early photographic and printing techniques, first imported into the region by its pluralist communities, documented the country’s modernization efforts such as built bridges across rivers. Photographic surveys centered especially on waterways and wetland technologies, including riverboats, ecoarchitectural reed structures and local communities’ crafts in gestures towards depicting “Mesopotamian” ways of life in a changing landscape. As Iraqi artists explored new print practices, they turned to the country’s wetlands as both a creative site and substance that bloomed in printmaking’s liquid processes while simultaneously creating new images of the marshlands increasingly threatened by drainage for agricultural developments. Examples include black ink woodcuts composed of tar and other carbon substances akin to the pitch used to coat and waterproof the bottom of marshland canoes. Other wet processes, like etching, simulated the wetlands ecosystem onto the print matrix, transferring images through pressurized liquid movements across surface contact points and resulting in abstractive works. Exploring artists’ engagements with the Iraqi Marshes before their punitive draining in 1991 demonstrates how ecological bioproductivity can extend into critical image making through the formative role the wetlands played in shaping contemporary Iraqi arts.

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