Responsable: >Monia Lachheb & Marta Roca Escoda

A75 - Penser le genre et les sexualités en Méditerranée 2/2

Date : 2022-09-20 | 16:15:00-18:15:00

Évènement : Congrès INSANIYYAT

Programme détaillé : cliquer ci-contre
Catégorie :
A
Lieu :
ISAMM
Salle :
C3
Responsable : Monia Lachheb & Marta Roca Escoda
Modérateur·trice :
Discutant·e : Marta Roca Escoda
Les intervenant·e·s :
Lachheb Monia La Manouba
Le Bris Anne Université Rennes 2

A75 - Penser le genre et les sexualités en Méditerranée 2/2 FR

Salle: C3
Responsables: Monia Lachheb, Université de La Manouba et Marta Roca Escoda, Université de Lausanne (Suisse)
Discutante : Marta Roca i Escoda, Université de Lausann, Suisse

  • Anne Le Bris, Université de Rennes 2, (France), Maternité célibataire en Tunisie. Enjeux d'une réalité plurielle
  • Monia Lachheb, Université de La Manouba,  De part et d’autre des frontières. Parcours d’une lesbienne libyenne et réfugiée en Italie


  • Anne Le Bris, Université de Rennes 2, (France), Maternité célibataire en Tunisie. Enjeux d'une réalité plurielle
Au sein de la société tunisienne, les représentations collectives de la maternité célibataire oscillent entre victimisation et répulsion. Ces dernières jettent un « trouble » dans les relations de genre et gênent l’ordre social : elles n’ont pas leur place dans la société, du moins en tant que mères et célibataires. Elles sont marginalisées par la société, par l’État. Leur existence a été niée politiquement, socialement et scientifiquement. La maternité célibataire a sans doute toujours existé or, les sources statistiques officielles sur le sujet brillent par un silence quasi-absolu. Pour illustrer cette invisibilité à l’heure actuelle, prenons l’exemple du flash info fécondité de l’Institut National de la Statistique (INS) tunisien : les femmes célibataires continuent d’être ignorées et invisibilisées du champ statistique. Mon travail se donne pour objectif d’éclairer les parcours de ces femmes, mères et célibataires :  Qui sont-elles ? Comment devient-on mère célibataire aujourd’hui en Tunisie ?  
 
  • Monia Lachheb, Université de La Manouba,  De part et d’autre des frontières. Parcours d’une lesbienne libyenne et réfugiée en Italie
La présente contribution tente de pointer les moments forts de l’expérience migratoire d’une jeune femme Libyenne qui se définit comme lesbienne : Fatma. Celle-ci est âgée de 30 ans, a vécu en Libye jusqu’à l’âge de 23 ans, et bénéficie du statut de réfugiée en Italie (Milan) depuis 07 ans, sur la base de son orientation sexuelle différente. Si Fatma fait face à une contrainte à l’hétérosexualité en Libye, « la fuite vers la ville » et l’expérience migratoire lui font découvrir les enjeux de son identité de genre et de son identité ethnique.  
Selon une approche socio-anthropologique, l’analyse du récit de Fatma vise à rendre compte des formes de discriminations expérimentées en Italie. Ces discriminations se croisent et donnent du sens à l’imbrication de différents rapports sociaux. Le sentiment d’injustice vécu par Fatma l’incite, par ailleurs, à s’engager dans la lutte pour les droits des femmes racisées qui se définissent par une sexualité dite non normative. Sa résistance et son engagement dénotent de la négociation d’un ordre établi homogénéisant inadapté à la réalité des lesbiennes migrantes. 



  • Anne Le Bris, Université de Rennes 2, (France), Maternité célibataire en Tunisie. Enjeux d'une réalité plurielle
Single motherhood in Tunisia. Issues of a plural reality

In Tunisian society, collective’s representations of single motherhood oscillate between victimization and repulsion. Women are a “troublemaker” in gender relations and a nuisance to society; they have no place in society, at least as mothers and singles. They are marginalized by society, by the State. Their existence has been denied politically, socially and scientifically. Unmarried motherhood has probably always existed but official statistical sources on the subject are almost completely silent. To illustrate this invisibility at present, let us take the example of the fertility flash of the Tunisian National Institute of Statistics (INS): single women continue to be ignored and invisibilized in the statistical field. My work aims to enlighten the lives of these women, mothers and singles: Who are they? How does one become a single mother today in Tunisia?
 
  • Monia Lachheb, Université de La Manouba,  De part et d’autre des frontières. Parcours d’une lesbienne libyenne et réfugiée en Italie
On both sides of the borders. The experience of a Libyan lesbian and refugee in Italy
The present contribution attempts to highlight the migration experience of a young Libyan woman who defines herself as a lesbian: Fatma. She is 30 years old, lived in Libya until the age of 23, and has been a refugee in Italy (Milan) for 7 years, on the basis of her different sexual orientation. While Fatma faces a constraint to heterosexuality in Libya, the "flight to the city" and the migration experience make her discover the issues of her gender and ethnic identity.  According to a socio-anthropological approach, the analysis of Fatma's story aims to account for the forms of discrimination experienced in Italy. These discriminations intersect and give meaning to the interweaving of different social relations. The feeling of injustice experienced by Fatma encourages her to become involved in the struggle for the rights of racialized women who define themselves by a so-called non-normative sexuality. Her resistance and commitment are indicative of the negotiation of a homogenizing established order that is not adapted to the reality of migrant lesbians. 


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